Vous admirez peut‑être ses grandes feuilles vertes et sa fleur jaune éclatante. Pourtant, cette plante attire l’attention pour de mauvaises raisons. Fréquemment observée en Belgique, elle est aujourd’hui interdite en Europe et suscite une mobilisation locale.
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Qu’est‑ce que le faux arum (Lysichiton americanus) ?
Le nom scientifique est Lysichiton americanus. Originaire d’Amérique du Nord, cette plante a longtemps été introduite comme ornementale. Elle pousse surtout dans les zones humides. Ses feuilles sont larges. Sa fleur forme une grande enveloppe jaune facile à repérer.
Depuis la première liste de 2016, l’Union européenne inclut cette espèce parmi les espèces exotiques envahissantes réglementées. Cela signifie qu’il est interdit de la vendre, de la multiplier ou de l’importer dans l’Union.
À quoi reconnaître le faux arum ?
Cherchez une plante avec de très grandes feuilles larges et lisses. La fleur ressemble à une sorte d’arum mais de couleur jaune vif. Elle pousse souvent au bord des rivières, dans les marais et les fossés. Les touffes peuvent former de véritables tapis verts qui dominent le paysage.
Comment est‑elle arrivée chez nous ?
Elle est arrivée comme plante d’ornement. Les jardiniers l’ont plantée pour sa floraison. Mais elle s’échappe facilement des jardins. Les graines et les fragments de racines se dispersent le long des cours d’eau. Progressivement, l’espèce colonise la nature.
Pourquoi cette plante pose‑t‑elle problème ?
Le faux arum se développe rapidement. Il forme des massifs denses qui privent les plantes locales de lumière. Sous ses feuilles, peu d’autres espèces peuvent s’installer. La biodiversité locale s’en trouve appauvrie.
Ses racines et rhizomes s’enfoncent profondément. Les arracher est long et difficile. Les municipalités belges ont dû lancer des chantiers pour l’éradiquer. Des exemples récents à Vielsalm et dans la région verviétoise montrent à quel point l’intervention est lourde.
Que faire si vous repérez un faux arum en pleine nature ?
Ne touchez pas la plante. N’essayez pas de l’enlever vous‑même. Les fragments racinaires risquent de repartir ailleurs. Prenez plutôt des photos nettes de la plante et de son environnement.
Envoyez ces clichés au Département de la Nature et des Forêts ou au Contrat Rivière de votre région. Les équipes spécialisées évaluent et organisent l’enlèvement. Elles disposent des moyens pour extraire les racines et pour éliminer la matière végétale sans la propager.
Que faire si vous en avez dans votre jardin ?
Ne la replantez pas ni ne la donnez à quelqu’un. Contactez les services locaux pour connaître la procédure à suivre. L’élimination nécessite souvent un creusement profond et une élimination contrôlée des déchets verts. Ne mettez pas ces déchets au compost domestique.
Si vous souhaitez remplacer le faux arum, privilégiez les espèces locales adaptées aux milieux humides. Renseignez‑vous auprès des associations naturalistes ou des jardineries responsables pour des alternatives non invasives.
Mesures simples pour limiter la propagation
- Ne plantez pas d’espèces exotiques potentiellement envahissantes.
- Nettoyez vos bottes, outils et embarcations après une sortie en zone humide.
- Évitez de déplacer de la terre ou des plantes riveraines vers d’autres sites.
- Signalez toute observation aux autorités locales pour un suivi rapide.
Le faux arum illustre bien le paradoxe : une plante attrayante peut devenir une menace pour la nature. Si vous la voyez, agissez avec prudence et alertez les bons services. Ensemble, vous protégez les milieux humides et les espèces qui y vivent.


